Pommes de terre Soubise pour amateurs d'histoire

Publié le par Maryse

Pommes de terre SoubiseOyez, oyez dames et damoiseaux,


Je m'en vais vous conter la noble histoire de ce François qui un jour l'inspiration trouva.
Le prince de Soubise, Charles de Rohan (un seigneur qui avait peut-être aussi perdu un anneau ?), naquit en l'an de grâce 1715, 1787 sonnant l'heure de son trépas.  Mais gloire lui vint avec sa sauce aux oignons, qui porte son noble nom.


Par quel charmement l'idée lui vint-elle de réussir si bellement cette sauce ? Après tout, peu importe ; l'important, c'est la ripaille. Voici donc comment l'histoire se déroula.


Dans la cuisine du château, il troqua un instant ses armes (de militaire de carrière, apparemment...) pour les casseroles et la cuillère de bois. Au milieu de quelques poules,  de queux et servantes qui erraient ça et là (alors qu'ils étaient censés préparer le banquet de bienvenue de Madame de Pompadour), Charles de Rohan dit : « j'ai faim ».


Mais il lui fallut cognoistre quelques rudiments de la chose culinaire pour prétendre aux commençailles d'une recette digne de ce nom.


Il ouvrit donc un grimoire poussiéreux et n'y trouva rien. « Coquefredouille ! » se dit-il. Tant pis, il improvisa, et bien lui fit.


Il se saisit alors d'un bel oignon et de pommes de terre. Il ouvrit en deux les tubercules qui eurent le bon sens de n'être point frappés par le mildiou, et les mit à la braise pour leur cuire le milieu.

Il tailla un peu de la motte de beurre (on ne sait plus combien à cause des poids qui s'expriment différemment de nos jours) et la mit dans une casserole avec l'oignon qu'il fit tailler par un manant.


Il y ajouta de la farine, ça snifaillait la biscuitée. Il appela alors la laitière de Vermeer qui passait par là et lui ordonna de verser un peu de son liquide lacté dans sa future boustifaille. Il mélangea et point de grumeau ne fit.  Il lui prit aussi de la crème pour épaissir (on peut toujours pas dire combien). Il assaisonna de sel, de poivre et aussi de muscade. Puis mixa le tout, on se demande encore comment.


Une fois les pommes de terre tendres, il en préleva la pulpaille et à l'aide d'un presse-purée (si ça existait déjà), mêla le tout à sa sauce qu'il intitula sur-le-champ « Soubise » en honneur de lui-même.


Avec sa cuillère en bois, il remplit les coques des pommes de terre de la ripaille obtenue. Il mit le tout encore un peu sous les braises pour joliment colorer le mets à présenter sur le banquet.


Il allait pouvoir faire repaissance et manger force patates entouré de ses sujets qui crierait « bravo ! ».


Pour vous repaistre façon Moyen-Age, voici :

 

 

Pommes de terre Soubise pour amateurs d'histoire

 


Préparation : 25 minutes
Cuisson : 20 minutes

 

Pommes de terre SoubiseIngrédients

Pour 4 bons mangeurs

12 pommes de terre (moyennes) type charlotte


Sauce Soubise

1 gros oignon ou 2 moyens
50 g de beurre
1 cuillère à  soupe de farine
40 cl de lait
30 cl de crème fraîche
sel, poivre
muscade


Ouvrir les pommes de terre en deux après les avoir lavées et les faire cuire au four, à 180°C environ (thermostat 6) jusqu'à ce que leur pulpe soit tendre.

Faire un roux : mettre  le beurre dans une casserole à feu très doux avec l'oignon haché. Faire fondre le beurre sans le faire roussir et faire revenir doucement jusqu'à ce que les oignons soient translucides. Ajouter une cuillère à soupe de farine (corriger jusqu'à ce que le beurre soit absorbé par la farine, il ne faut pas qu'il reste de beurre). Il faut que la consistance doit pâteuse.


Laisser cuire doucement jusqu'à ce que le mélange blondisse, que cela « graine » un peu avec une odeur de biscuit.


Verser ensuite le lait entier. Mélanger : il faut que le lait soit bien absorbé par la farine sans faire de grumeau. Assaisonner  avec du un peu de sel, du poivre et de la noix de muscade.


Incorporer la crème fraîche. Homogénéiser en chauffant. Puis mixer la sauce ainsi obtenue.

Prélever la chair des pommes de terre à l'aide d'une cuillère et les incorporer à la sauce Soubise. Bien écraser les pommes de terre pour que le tout soit homogène.


Enfin, farcir les coques des pommes de terre avec ce mélange et faire gratiner sous le gril du four (fromage inutile) en surveillant (ça colore vite).


Parfait avec des grenadins de veau sauce Laguipière, nous en reparlerons...




Publié dans Plats

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Commenter cet article

soazig 30/03/2010 16:46


hummm ca a l'air drolement bon!


Maryse 31/03/2010 09:29



Merci beaucoup... Essayez, c'est facile et très bon ;-))



Miriela 10/07/2009 19:12

Tampis pour lui, on remplacera soubise par maryse!^^êt du coup ça sera les pommes de terre de Maryse!

Maryse 10/07/2009 19:42


Un jour je testerai pour vois dire si ça vaut le coup ;-)


Sarah 10/07/2009 18:14

Ca donne faim...

Maryse 10/07/2009 19:42


Merci beaucoup, c'est sympa ;-)


Miriela 10/07/2009 14:45

C'est génialissime!!! J'adore la tite histoire avec la tite touche d'humour!
J'aime pas les oignons alors je pense pas faire cette recette mais je vais m'empresser de lire toutes tes histoires et finirait surement par trouver un truc qui me donne envie!
En tout cas le concept me plait bcp! Je reviendrais!
A bientot!

Maryse 10/07/2009 18:12


Un grand merci ! A la limite, je me demande dans quelle mesure cette recette ne serait pas bonne en remplaçant les oignons par un peu de jambon en dés, et du gruyère râpé. Mais bon là, le pauvre
Soubise, c'est plus du tout sa recette ;-))